1)La fermeture de deux écoles publiques (Zola et Troudousten) représente une décision lourde de conséquences et elle a provoqué de nombreuses réactions. Vous avez reproché aux conseillers municipaux d'opposition d'avoir participé à des réunions ou à des manifestations avec des parents et des enseignants hostiles à cette décision. L'opposition municipale est pourtant dans son rôle quand elle cherche à s'informer auprès des personnes directement concernées, d'autant plus qu'aucun document n'a été transmis aux conseillers sur cette question et que la commission des affaires scolaires n'en a pas été saisie. Considérez-vous l'avenir des écoles publiques de Morlaix comme un sujet si peu important qu'il ne mérite même pas un examen en commission ou un débat contradictoire en conseil municipal préalablement à toute décision ?

2)Cette initiative fait écho à une politique ministérielle, relayée par l'inspection d’académie, qui vise à réduire fortement le nombre d'écoles afin de réaliser des économies de personnel et d'introduire progressivement un autre mode de gestion. Si l'on continue à décliner cette politique à l'échelle de Morlaix, cela se traduira par de nouvelles suppressions d'écoles et de postes dans les prochaines années pour aboutir à terme à une situation où l'on n'aura plus que deux ou trois écoles sur la ville. Etes-vous favorable à cette orientation ? Pensez-vous que l'intérêt éducatif soit mieux pris en compte dans de grandes écoles que dans des écoles plus petites ?

3)Outre les raisons démographiques, vous justifiez la fermeture de ces deux écoles par votre volonté de réaliser des économies. Pouvez-vous communiquer au conseil municipal les données financières à l'appui de votre décision ?

4)Vous supprimez l'école publique de Troudousten mais vous n'avez pas fait connaître vos intentions sur le devenir des locaux ainsi libérés, si ce n'est votre refus de les affecter à Diwan. Quel est votre projet pour ce site ?

5)Vous supprimez l'école publique Emile Zola et vous annoncez la création d'une garderie et d'une maison de quartier dans les locaux libérés. Quel est le coût prévisionnel de ces projets et quels sont les moyens humains que vous comptez y consacrer ?

6)D'après une enquête réalisée auprès des parents de Zola et de Troudousten, parmi les élèves devant être inscrits en maternelle ou en primaire à la rentrée prochaine, environ un sur trois ne s'inscrirait pas à Jean Jaurès, pratiquement aucun ne s'inscrirait à Corentin Caër et environ un sur 8 s'inscrirait dans un établissement privé. a) Avez-vous anticipé ces comportements et leur incidence sur les réajustements de postes à la rentrée prochaine ou à la suivante ? b) Avez-vous l'intention de maintenir durablement l'école Corentin Caër en activité, auquel cas il est nécessaire de le dire clairement afin d'éviter les départs (ou les non inscriptions) liés à des rumeurs de fermeture dans un an ? c) N'avez-vous pas le sentiment d'affaiblir l'enseignement public sur Morlaix en annonçant deux fermetures d'écoles juste avant la fin de l'année scolaire et en annonçant qu'une troisième école est placée « en observation » ?

7)Vous récusez les reproches d'impréparation et de précipitation. Pourtant, avant d'envisager d'utiliser les locaux actuellement attribués à l'école Diwan pour accueillir des élèves venant de Zola et Troudousten, il fallait évidemment s'assurer que le transfert de Diwan vers un autre site était possible. Or cela n'a pas été fait. La convention qui lie Diwan à la ville prévoit que Diwan aurait dû être averti au moins six mois avant la fin de l'année scolaire, ce qui permet juridiquement à Diwan de se maintenir dans ses locaux actuels. Et plusieurs sites de remplacement ont été successivement avancés sans qu'aucune étude sérieuse et aucun chiffrage des travaux de réhabilitation nécessaires n'aient été communiqués. Le site de Léon Blum constitue la dernière proposition en date mais Diwan a annoncé clairement son refus de s'y installer. Comment comptez-vous sortir de cette situation de blocage ? Croyez-vous qu'on puisse raisonnablement faire des travaux permettant d'accueillir décemment et durablement des élèves sur le site de Léon Blum en un laps de temps aussi court (les deux mois d'été) et avec une somme aussi modeste (50.000 euros) au regard de l'état et de l'exiguïté des locaux ? Pouvez-vous fournir au conseil municipal des devis comparatifs entre la réhabilitation (extension ?) de Léon Blum, celle de l'ancien IUT de Kernéguès et la mise aux normes des locaux de Troudousten (trois des projets qui ont été évoqués pour reloger Diwan) ?

8)Vous récusez le reproche de manque de concertation. Mais on ne peut pas appeler concertation des réunions au cours desquelles on expose aux participants les décisions prises, sans même étudier les propositions qu'on leur a pourtant demandé de faire et sans leur fournir aucun élément précis pour justifier les choix retenus. Pourquoi avez-vous écarté la proposition faite par les parents de Zola et de Troudousten d'un regroupement des deux écoles sur le site de Zola ?

9)L'insuffisante mixité sociale est une question préoccupante pour certaines écoles publiques de Morlaix. Elle conduit à rendre difficiles les conditions d'enseignement et provoque une fuite de certains élèves. Quelle analyse faites-vous de l'origine de ce problème et comment comptez-vous améliorer la mixité sociale là où elle fait le plus défaut, c'est-à-dire à l'école Jean Jaurès mais également à l'école Gambetta ?

10)La suppression d'écoles de proximité induit des déplacements supplémentaires, qui représentent un coût à charge des familles (coût monétaire mais aussi temps perdu en déplacements par les parents et les enfants) et qui se traduisent par un accroissement des émissions de gaz à effet de serre. Pouvez-vous communiquer au conseil municipal un bilan de l'impact de vos décisions sur ce point ?

11)Une école n'est pas seulement un lieu d'accueil et d'éducation des enfants, c'est aussi un lieu autour duquel s'organise la vie d'un quartier. Le projet de suppression de sites scolaires ne figurait pas dans votre programme électoral et n'a donc pas été débattu devant les citoyens. Pourquoi n'organisez-vous pas une vaste consultation des morlaisiens sur l'avenir des écoles à Morlaix, en réalisant les études préalables nécessaires et en mettant à disposition de tous l'ensemble des éléments d'information ?

L'opposition municipale (IDEES, PS, PC) vous demande de surseoir à la décision de fermeture des écoles et de prendre le temps d'une vraie concertation avec l'ensemble des citoyens sur cette question. L'avenir des écoles concerne chacun d'entre nous et mérite une réflexion approfondie et un vrai débat. Dans un domaine de cette importance, les décisions ne sauraient être prises de manière autoritaire et précipitée.