C'est d'autant plus gênant que les élections communautaires n'ont pas lieu au suffrage universel direct et que les électeurs n'ont donc pas eu la possibilité de se prononcer sur un programme. C'est pourquoi nous avons proposé à plusieurs reprises des assises du territoire qui auraient permis de faire émerger un projet d'avenir pour notre territoire et d'en débattre avec l'ensemble des élus et des citoyens. Il n'est peut-être pas trop tard pour faire oeuvre de démocratie ...

L'imbrication des communes et de la communauté est une grande absente dans les éléments de débat présentés à l'assemblée. Pourtant, l'Etat a délibérément réorienté ses dotations des communes vers les intercommunalités afin de favoriser les transferts de compétences des premières vers les secondes. Pour tenir compte de cette évolution, il conviendrait d'ouvrir une réflexion sur le périmètre de compétences de la communauté : Equipements culturels de pays ? Eau et assainissement ? Urbanisme ? Les possibilités sont nombreuses et nous devons y réfléchir collectivement et en toute transparence, et non dans le secret de comités restreints.

Si nous ne le faisons pas, deux écueils nous guettent : le premier, c'est de passer à côté des avantages offerts par la démarche communautaire (économies d'échelle, meilleure cohérence du territoire, aides accrues de l'Etat) ; le second, c'est d'avoir des domaines sacrifiés parce qu'ils seront restés de compétence communale alors que les marges de manoeuvre financières sont essentiellement à Morlaix Communauté. Je pense ici en particulier à la culture, dont dépend en grande partie notre avenir car un territoire sans vie culturelle est condamné à se dessécher comme un arbre sans sève. Or aucune commune n'a aujourd'hui les moyens de mettre en oeuvre un projet culturel de dimension territoriale. Morlaix l'a fait pendant des décennies, mais elle est désormais dans l'incapacité financière de poursuivre dans cette voie. (suite)