QUELLES ORIENTATIONS POUR MORLAIX COMMUNAUTÉ ?
Par Michel Le Saint le dimanche 15 février 2009, 10:00 - Points de vue - Lien permanent
En début de mandat, un débat d'orientations budgétaires doit élaborer une vision prospective à partir d'un inventaire des besoins du territoire et d'un état des lieux des moyens. Dans le cas présent, on a bien une analyse des moyens dont dispose la communauté, mais il nous manque la vision prospective et l'inventaire des besoins.
C'est d'autant plus gênant que les élections communautaires n'ont pas lieu
au suffrage universel direct et que les électeurs n'ont donc pas eu la
possibilité de se prononcer sur un programme. C'est pourquoi nous avons proposé
à plusieurs reprises des assises du territoire qui auraient permis de faire
émerger un projet d'avenir pour notre territoire et d'en débattre avec
l'ensemble des élus et des citoyens. Il n'est peut-être pas trop tard pour
faire oeuvre de démocratie ...
L'imbrication des communes et de la communauté est une grande absente dans
les éléments de débat présentés à l'assemblée. Pourtant, l'Etat a délibérément
réorienté ses dotations des communes vers les intercommunalités afin de
favoriser les transferts de compétences des premières vers les secondes. Pour
tenir compte de cette évolution, il conviendrait d'ouvrir une réflexion sur le
périmètre de compétences de la communauté : Equipements culturels de
pays ? Eau et assainissement ? Urbanisme ? Les possibilités sont
nombreuses et nous devons y réfléchir collectivement et en toute transparence,
et non dans le secret de comités restreints.
Si nous ne le faisons pas, deux écueils nous guettent : le premier,
c'est de passer à côté des avantages offerts par la démarche communautaire
(économies d'échelle, meilleure cohérence du territoire, aides accrues de
l'Etat) ; le second, c'est d'avoir des domaines sacrifiés parce qu'ils
seront restés de compétence communale alors que les marges de manoeuvre
financières sont essentiellement à Morlaix Communauté. Je pense ici en
particulier à la culture, dont dépend en grande partie notre avenir car un
territoire sans vie culturelle est condamné à se dessécher comme un arbre sans
sève. Or aucune commune n'a aujourd'hui les moyens de mettre en oeuvre un
projet culturel de dimension territoriale. Morlaix l'a fait pendant des
décennies, mais elle est désormais dans l'incapacité financière de poursuivre
dans cette voie. (suite)