Gilles Caroff fait état dans vos colonnes de ses inquiétudes au sujet de Langolvas. A ce propos, je crois utile de rappeler quelques vérités.

Le lancement du projet de Langolvas a été approuvé unanimement par la majorité PS-PC et par l'opposition de droite. Au cours des conseils municipaux qui ont évoqué cette question, j'ai émis de nombreuses réserves sur le projet : capacité financière insuffisante de la SAS Langolvas (qui n'obtenait la confiance des banques que parce qu'elle bénéficiait d'une délégation de service public) ; absence de partenariat communautaire sur un projet qui n'était pourtant manifestement pas de dimension communale ; importance des risques financiers pris par la ville. Personne n'a fait écho à ces réserves, les uns et les autres rivalisant de propos élogieux sur le projet et sur l'entrepreneur qui le portait.

Quand il a été décidé de reprendre Langolvas en régie, le Maire a fait savoir que, d'après les experts juridiques consultés, la ville pouvait reprendre la gestion du site sans être aucunement tenue pour responsable des dettes de la SAS Langolvas. J'ai attiré l'attention sur la situation des entreprises ayant réalisé des travaux sur le site et n'ayant pas été rémunérées pour leur intervention, qualifiant cette situation d'inacceptable sur le plan moral et de douteuse sur le plan juridique, compte tenu du fait que la ville récupérait les bâtiments ayant fait l'objet des travaux. Là encore, aucun membre de la majorité municipale ni de l'opposition de droite ne s'est exprimé pour relayer mes inquiétudes.

Lors du débat budgétaire de l'an dernier, j'ai demandé qu'il soit tenu compte dans les perspectives budgétaires à moyen terme de la ville des risques financiers liés au contentieux sur Langolvas. Personne n'a soutenu cette idée. Il y a deux mois, j'ai proposé la tenue d'un conseil municipal spécial pour examiner cette affaire : réponse négative de la majorité municipale, personne à droite n'a appuyé cette proposition. En commission des finances, il y a dix jours, j'ai à nouveau demandé que des provisions soient inscrites au budget de la ville pour faire face à l'éventualité d'une condamnation en justice. L'adjoint aux finances a indiqué qu'aucune action en justice n'était en cours et qu'au pire on pouvait envisager un arrangement à l'amiable avec le liquidateur pour une somme « modique » (c'était la première fois qu'un élu de la majorité municipale reconnaissait que la ville allait peut être devoir payer quelque chose dans cette affaire). Aucune réaction des élus de droite présents.

Ce ne sont là que quelques exemples qui montrent que le signal d'alarme a été tiré à de multiples reprises, sans que personne ne daigne l'écouter. Quelle que puisse être leur attitude aujourd'hui, les élus de droite sont coresponsables, par leurs votes et leurs silences passés, des risques auxquels la ville se trouve exposée dans l'affaire de Langolvas. Ce n'est pas lorsque la maison a fini de brûler qu'il faut crier « au feu ».