Budget : quels impôts demain ?
Par Michel Le Saint le jeudi 1 février 2007, 00:00 - Economie, emploi, urbanisme (débats) - Lien permanent
En 2002, la commune était dans une situation financière désastreuse. Pour éviter que le budget ne passe sous tutelle préfectorale, il avait fallu prendre des décisions douloureuses : hausse des impôts de près de 25 % et étalement de la dette (avec une pénalité financière substantielle à la clé).
Ces mesures, conjuguées à un recours à l'emprunt modéré, ont produit leurs effets et permis un réel assainissement.
Aujourd'hui, nous ne sommes pas pour autant dans une situation florissante*. La prudence financière s'impose d'autant plus que nous pourrions avoir à rembourser une somme de l'ordre du million d'€ pour les créances impayées du site événementiel de Langolvas (la procédure suit son cours, mais les demandes du liquidateur judiciaire excèdent ce chiffre).
Or la majorité municipale nous propose d'inscrire dans le budget 2007 un emprunt de 3,7 millions d'€, alors que nous ne rembourserons que 2,2 millions d'€ de capital. Autrement dit, la dette pourrait s'accroître de 1,5 millions d'€. On nous affirme aujourd'hui que tout l'emprunt inscrit ne sera pas réalisé, mais il y a là le risque d'une nouvelle dérive. Les emprunts d'aujourd'hui font les impôts de demain.
- La limitation du recours à l'emprunt a permis un réel désendettement mais on partait de très haut. Grâce à la hausse des impôts, l'épargne de gestion (différence entre les recettes et les dépenses réelles de fonctionnement) est tout juste revenue à son niveau de 2000, qui n'avait rien d'exceptionnel, et elle a tendance à s'éroder légèrement depuis deux ans. L'épargne nette, qui permet d'investir sans emprunter (épargne de gestion moins les annuités de la dette) est positive, mais c'est en grande partie dû à l'étalement de la dette qui a réduit le remboursement annuel des emprunts.