L'insertion en question
Par Michel Le Saint le mardi 1 mai 2007, 00:00 - Social, transports, vie de quartier (débats) - Lien permanent
La majorité municipale a décidé de transférer le centre d'accueil de jour de la rue de Brest à La Boissière. Ce centre (RAPSODI) offrait divers services (lave-linge, douche, petit déjeuner ...) aux personnes « en galère ».
Il maintenait un lien social avec ces personnes, leur évitant parfois de
sombrer totalement. Le Maire justifie sa décision par la volonté de les
rapprocher des structures d'insertion et de les ramener vers l'emploi.
Toutefois, parmi les usagers de RAPSODI, certains ont des problèmes de santé
importants : peut-on raisonnablement espérer les voir trouver un emploi
sans que ces problèmes soient préalablement résolus ? Et la plupart
d'entre eux ont exprimé clairement leur intention de ne pas se rendre à La
Boissière : s'ils restent au centre ville, ne risque-t-on pas de voir les
difficultés de voisinage renforcées par l'absence du point d'accueil qui les
aidait à garder une forme de dignité ?
Dans le même temps, on apprend la fermeture de l'ATDER, une association offrant aux chômeurs de travailler quelques heures par semaine pour se remettre en selle et améliorer leurs maigres revenus. Les raisons de cette fermeture ? Le développement des chèques emploi-services, l'arrêt de financements européens, mais aussi et surtout l'insuffisance des commandes passées par les collectivités locales, à commencer par la ville de Morlaix. Pourtant, le taux de retour vers l'emploi des usagers de l'ATDER était bon. N'est-il pas paradoxal de laisser tomber des outils qui fonctionnent bien et qui coûtent peu à la ville (elle percevait un loyer équivalent à sa subvention) quand on se déclare soucieux d'insertion ? Comme le réclamait le Président de l'ADTER, il est plus qu'urgent de provoquer une table ronde réunissant l'ensemble des partenaires concernés par cette question.