Un conseil municipal pour quoi faire ?
Par Michel Le Saint le mercredi 1 novembre 2006, 00:00 - Politique et démocratie participative (débats) - Lien permanent
Le projet de vente des 40 hectares de Langolvas au groupe Schuller a été gardé secret pendant plusieurs mois. Seuls le maire et deux ou trois adjoints étaient au courant. Les 29 ou 30 autres élus, majorité et oppositions confondues, ont été tenus à l'écart au nom de la « nécessaire discrétion en matière commerciale » - alors qu'il n'y a en fait aucune perspective concrète d'implantation à ce jour
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Malgré ce dysfonctionnement, la majorité municipale unanime a soutenu le projet, en vertu d'une pratique bien établie, et pas seulement à Morlaix : les élus de chaque groupe se sentent liés par un « pacte ». Les élus majoritaires expriment souvent des réserves en privé mais manifestent très rarement un désaccord publiquement, craignant que l'expression d'une divergence passe pour une trahison. Lorsqu'ils le font, c'est dans une situation de crise (démission de François Plassart). Pourtant, la seule loyauté exigible des élus devrait concerner l'intérêt général des Morlaisiens.
Voici quelques propositions qui permettraient de redonner un rôle au conseil municipal : Affirmer la liberté pour chaque élu de se déterminer en conscience et de changer d'avis ; Supprimer les réunions de majorité d'avant conseil qui ne visent qu'à « verrouiller » les choses ; Considérer qu'un projet porté par le Maire ou l'un de ses adjoints peut être mis en minorité sans que cela constitue un désaveu pour l'ensemble de sa politique ; Diffuser sur une radio locale une partie des débats du conseil et/ou rendre consultable sur internet le compte rendu des débats (deux propositions qui ont été refusées par l'actuelle majorité).
Enfin, si l'expression de désaccords est légitime, la courtoisie devrait rester la règle.