D'une part, suffit-il de créer une zone d'activité commerciale pour créer des emplois ? C'est loin d'être une évidence. Ce sont les projets portés par les entrepreneurs et leurs salariés qui créent les emplois ; ces projets doivent évidemment trouver l'espace nécessaire à leur concrétisation, et une zone d'activité peut parfois favoriser leur mise en oeuvre. Mais encore faut-il que ces projets existent : à l'heure actuelle, il n'y a aucune perspective concrète d'implantation sur Langolvas. De plus, les emplois correspondants ne doivent pas être de simples transferts et ne pas provoquer de destructions ailleurs (par exemple au centre ville de Morlaix, qui risque de souffrir de la concurrence des futurs commerces de Langolvas).

D'autre part, en quoi le fait de vendre la zone à un promoteur privé plutôt que d'en garder la gestion publique est-il favorable à l'emploi ? C'est l'inverse qui est vrai. Le promoteur privé aura pour unique préoccupation de rentabiliser son investissement. Le critère de l'emploi n'interviendra pas dans sa décision de vendre des lots, seule comptant l'offre financière faite par ceux qui voudront les acquérir. Au contraire, une gestion publique permet de sélectionner les acheteurs désireux de s'implanter et d'écarter les projets engendrant transferts et destructions d'emplois et, ainsi, d'avoir un meilleur ratio « emploi par hectare ».

Comment comprendre qu'une municipalité de gauche choisisse la privatisation, alors que ce choix est manifestement contraire à la rationalité économique et à l'intérêt général ?