Les visiteurs de Morlaix découvrent pricipalement les rues de l'hypercentre, de la rue de Paris jusqu'au port, et les plus aventureux montent jusqu'au venelles. Ils manquent alors les attraits plus cachés d'autres quartiers.

- une expérience mystique aux Ursulines

A St Augustin, après une côte qui met en jambes, vous allez le loisir de contempler une vue alpestre sur les collines de St Martin et on se demande alors: y aura-t-il de la neige à Noël ? Aux Ursulines, vous êtes hors du temps et vous êtes tenté par une prise d'habits pour pouvoir vivre la vie du couvent. Le long du Jarlot, vous découvrez une vie de village à 5 minutes du centre, avec le hameau de la Fouasserie perché sur sa butte ; et vous pouvez continuer par les jardins à flanc de colline, puis entrer dans la forêt et découvrir un château de rêve- celui de la Belle que la liste IDEES veut réveiller en douceur.
Si l'on s'éloigne du centre, à La Boissière, c'est un urbanisme des années 70, qui n'est pas sans charme, mais qui a besoin d'être poli par le temps et d'être amélioré. Les urbanistes de Morlaix ont eu la sagesse de ne pas commettre les grandes erreurs qui ont eu cours ailleurs:en général, pavillons et immeubles à taille humaine se mélangent sans heurt.

- il y cent villages dans Morlaix

Il y a quand même deux grands types de quartier, ou plutôt de rues. Il y a d'abord les ruelles tranquilles, parfois trop car sans aucun commerce. Avec un peu de confiance, on pourrait laisser les enfants jouer sur la chaussée, dont ils ont été expulsé partout ailleurs. C'est un atout à renforcer.

Si la passerelle-ascenseur se faisait sur le viaduc, alors toute la vie de nombre de ces quartiers seraient changée : on partirait aux heures de liberté en descendant à pied les vieilles venelles ou en prenant son vélo sur des nouvelles pistes à aménager (par exemple poursuivre le début de piste qui part de La Boissière jusqu'au port par Ty Dour et le Troudousten ) ; et si l'on manque de mollets au retour ou que l'on est trop chargé, on reviendrait par l'ascenseur-passerelle qui acceptera vélo, chaises-roulantes et poussettes.Ainsi ces coins tranquilles auraient la vie du centre à portée de pieds, de canes, de roues et de roulettes.

-Des routes au milieu des maisons

Il y a aussi les rues moins tranquilles. Ce sont parfois de véritables routes, de plus en plus larges et de plus en plus droites à mesure que l'on s'éloigne dans l'espace et dans le temps de la vieille ville.
C'est ici que l'automobiliste en retard ou sportif prend des risques avec la vie des autres. Et avec leur droit au silence. Seuls des aménagements cohérents de la voirie, une limitation courageuse de la vitesse autorisée, des transports publics renforcés donneront à tous ce droit, même aux moins riches , d'habiter une rue où il fait bon vivre.

Autour du Leclerc de La Boissière et de l'Intermarché de St Fiacre, il est d'ailleurs possible d'aménager de petits centres secondaires, accessibles à pieds et en vélo de façon sûre, avec des équipements de loisir. Et il est souhaitable d'obtenir des propriétaires de ces grandes surfaces un embellissement de leur bâtiments.Avec des oeuvres et d'autres aménagements, on pourrait achever d'y faire pousser un bout de ville, au lieu d'une zone de plus.

-Le bruit de l'intérieur, un problème sans solution ?

Le bruit, il vient parfois de l'intérieur des immeubles, et tourner au supplice chinois, et faire fuir quand ils le peuvent certains habitants vers d'autres communes. On semble un peu démuni, surtout individuellement, devant ces problèmes de construction et de voisinage. Les aménagements acoustiques sont très chers, mais des tapis bien placés, des chaussons et un peu de bonne volonté peuvent changer les choses.Quelles médiations inventer ? La ville de Rennes a innové dans ce domaine.

Parfois , ce sont aussi les appartements qui sont trop petits pour des familles avec des jeunes enfants, ou les terrains de jeu et les activités couvertes qui manquent ( malgré les efforts de la municipalité sortante dans ces domaines) .C'est l'enjeu d'une politique au long cours.
Le confort et le pouvoir d'achat peuvent aussi être améliorés par une isolation extérieure, très coûteuse , mais rentable sur le moyen terme. Le Logis breton a été réhabilité dans ce sens.En tout cas, il faut trouver les moyens pour supprimer les tableaux révoltants qu'on peut voir autour de certaines entrées d'immeubles proches du centre, et qui sont indignes de notre pays.

-Un encerclement presque parfait

En s'éloignant encore du centre, on est bloqué par la RN 12 et par la route qui la rejoint en partant de St Fiacre. L'encerclement n'est pas encore parfait: du côté du Jarlot, du Menguen et du Tromorgan, on peut encore accéder , sans pente, à la nature campagnarde ou sauvage. Il en va de même à Langolvas, avec ses immeubles-terrasses à l'orée du bois.
De même, il reste des petites brèches dans toutes les directions, des voies cyclables ( voie Morlaix-Carhaix par exemple) qui ouvre sur une campagne préservée. Jusqu'à quand ? Des projets de routes , de zones, de nouveaux quartiers fleurissent tout autour de Morlaix. Ne risque-t-on pas une surproduction de logements? Ne risque-t-on d'asphyxier la ville-centre ? Garantir à tous les quartiers ( même de centre-ville!) un accès piétonnier et sûr à une vraie campagne, c'est largement faisable à Morlaix. Combien de villes peuvent-elles en dire autant?
Plus audacieusement, ne pourrait-on pas envisager de garantir, à tous les habitants d'immeubles, l'accès à un petit coin de terre en périphérie, en location longue durée, avec une certaine séparation par des haies vives et sans obligation de cultiver ( contrairement aux jardins ouvriers)? Ces terres seraient ainsi protégées d'une urbanisation excessive.