- une queue à la boutique Orange de Géant
Si vous avez un problème particulier avec votre téléphone fixe et que vous êtes en difficulté pour régler la chose par téléphone ( et pour cause), rendez-vous à Géant. Si vous avez la possibilité d'y aller pendant les heures ouvrables, profitez-en, car les jours de grande affluence, vous risquez de souffrir.
Au bout d'une demie-heure de queue, vous vous rendez compte que vous n'avez pas avancé d'un pas, et un léger agacement commence à venir. Puis vous observez les chargés de clientèle, et vous convenez qu'ils gardent leur sourire tout en arrêtant pas une minute de servir les demandeurs. Objectivement, il y a un manque de personnel.
De privatisation assumée en ouverture du capital,d'ouverture à la concurrence en plans sociaux de compétitivité, de droite en gauche, l' effectif des employés de France Telecom diminue d'année en année. Etait-il possible de faire autrement ?
-Le téléphone fixe, un "service public naturel"
La privatisation et la concurrence peuvent se justifier pour les téléphones portables : plusieurs entreprises peuvent installer des antennes relais dirigées vers les satellites, tout en étant rentables à long terme.Il en va sans doute autrement pour le téléphone fixe: un seul fil de cuivre relie votre appareil à celui des autres, et pour l'installer, il a fallu investir massivement dans les années 70. Si l'on veut que plusieurs entreprises se disputent ce fil unique, cela va leur coûter très cher en gestion et plus encore en publicité, pour vous vendre exactement le même service. Dès lors pour se rembourser...Ainsi l'abonné du téléphone a vu sa minute de téléphone baisser,la tarification devenir incompréhensible, son abonnement augmenter ainsi que sa facture globale.
- D' autres "services publics naturels menacés ?".
On pense à La Poste, qui, avec la Caisse d'Epargne, a le monopole des livrets d'épargne sans impôt, comme le Livret A. Pourquoi y aurait-il un problème, alors qu'il n'y a pas de fil unique ? En fait les comptes faiblement remplis ne sont pas très rentables pour la Poste, qui se rattrape sur les comptes mieux garnis. Si elles perdaient ces derniers au profit des banques privées, l'avenir de l'épargne populaire serait compromis, et avec lui le logement social ( les livrets servent à prêter à faible intérêt aux constructeurs de HLM ). Mais comme on cherche à encourager les gens à s'endetter plutôt qu' à épargner ( exemption d'impôts sur les crédits à la consommation, droit nouveau pour la Poste de faire des crédits à la consommation, pubs à la télé et les journaux.)..Et il est vrai que les HLM ne sont pas non plus la priorité de Nicolas Sarkosy: à Neuilly, dont il a été maire pendant plus de 20 ans, il n' y a que 3 % d' HLM et ces rares HLM sont habités par de pauvres gens qui ont souvent des résidences secondaires et même des châteaux à la campagne ! ( voir article du Monde du 25 janvier sur internet) .
-un contrôle démocratique régional sur les services publics ?
Cette vague de privatisation pas toujours rationnelle est liée à l'idéologie qui veut que le privé soit toujours le meilleur en toutes circonstances. Il est vrai que nos services publics peuvent être améliorés, et pas forcément sur le dos de l'emploi de ses salariés. Certains proposent un contrôle démocratique ni trop près du terrain ( avec les risques de tyrannie locale et de clientélisme) , ni trop loin ( avec le côté anonyme des circulaires). Ainsi, il semble que les TER gérés à la fois par la SNCF et le conseil régional fonctionnent mieux qu'avant.