Une politique de santé locale ?
Par Alexis le dimanche 24 février 2008, 12:24 - Environnement et santé (débats) - Lien permanent
De nouvelles épidémies apparaissent. Est-ce le moment de changer de politique de santé ?
Parmi les mesures prises par le gouvernement de Nicolas Sarkosy, la franchise médicale est l'une des plus critiquables: elles touchent directement aux revenus de malades. Peu a été tenté pour économiser sur le dos des firmes du médicament, qui elles vont très bien: la majeure partie du prix du médicament ne va pas rembourser les frais de recherche ou de production. Non, il rémunère les agents d'un marketing excessif, la direction et les actionnaires. Car la santé est aussi un marché avec ses producteurs et ses consommateurs. La tentation du ministère de la Santé est alors de s'occuper de faire croitre le plus possible ce commerce. Et il y succombe ! La franchise fera faire quelques économies à la Sécu, mais pas diminuer les dépenses des malades. C'est peut-être le but de cette décision: devenez maintenant des clients de mutuelles, quand vous le pouvez.
Une autre voie pour équilibrer les comptes de la Sécu, et surtout pour pour garantir à long terme le bien-être de la population, est une politique de prévention des grands risques de santé. La plupart des maladies classiques, d'origine naturelle, ont été jugulées par les progrès de la médecine. Aujourd'hui, le grand défi à relever se trouve dans les "maladies de civilisation", et qui touchent en premier lieu les enfants.
Or cette politique est encore à construire, car ces nouvelles maladies sont complexes à comprendre. Dans l'augmentation actuelle de l'asthme, des allergies, des cancers enfantins, on soupçonne les modifications du mode de vie et de l'environnement, notamment la pollution diffuse: toxiques présents dans l'air, l'alimentation, dans la rue, les champs et les habitations. Mais aucune certitude encore. Dans le cas de l'obésité, on voit bien la cause immédiate, mais pas tous les tenants et aboutissants.
Parfois, la complexité est une excuse pour ne pas agir. Car une politique de prévention aboutirait à casser des marchés florissants et demanderait à engager des fonds publics dans l'immédiat.Dans ces conditions, l'attitude habituelle est de voir venir, de laisser les médias critiques faire la première alerte, puis c'est au tour des grands médias, puis il y a une interrogation officielle, puis un appel aux individus à faire eux-mêmes les bons choix, puis on interdit avec une date limite le temps d'écouler les stocks...
En l'absence d'un vrai ministère de la Santé publique, faut-il compenser au niveau local ces défaillances ? C'est ce que proposait au cours d'une conférence un chercheur spécialiste des épidémies et de l'économie de la Santé, invité l'année dernière par les Verts de Morlaix. En fait, beaucoup de choses sont déjà faites dans les établissements scolaires pour la prévention. Le problème n'est plus tellement dans l'apport d'informations, mais dans les actions concrètes. Ainsi les établissements scolaires ne doivent plus seulement chercher à convaincre les élèves de respecter l'équilibre alimentaire, mais aussi commencer par donner l'exemple de menus plus équilibrés. Et les élus s'efforcer de lutter contre la pollution.