La question qui tue.
Par Alexis le mardi 26 février 2008, 10:57 - Economie, emploi, urbanisme (débats) - Lien permanent
Investir aussi dans les filères économiques locales, pour créer des emplois de qualité non-délocalisables.
-une économie locale tournée vers le tourisme et
l'agro-industrie.
En dehors du tourisme ( n°1 pour l'emploi et les rentrées d'argent), la
principale activité du secteur est l'agroalimentaire: des agriculteurs mais
surtout tout ce qui tourne autour, notamment les usines de transformation
alimentaire. Or, pour de multiples facteurs, on a toutes raisons de croire que
ces usines, où les salaires sont déjà faibles, auront de plus en plus de
difficultés à l'avenir. D'ailleurs, les emplois y sont en général peu qualifiés
et ne correspondent pas aux études de la jeunesse qui sort des écoles
bretonnes.
-quelques industries d'avenir.
Giannoni se prépare à embaucher et se trouve sur un marché porteur et à forte
valeur ajoutée ( les économies d'énergie). De même, les biotechnologies, mises
en avant par le maire de Morlaix, auront des débouchés et pourront créer des
emplois peu nombreux mais en général rémunérateurs ( même si la recherche n'est
pas le Graal des salaires qu'on peut imaginer).
Mais il ne faut pas s'illusionner: ces industries sont de plus en plus mobiles,
elles exercent sur des marchés mondiaux de plus en plus instables. Et malgré le
professionnalisme certain des responsables de l'accueil d'entreprises, la
Communauté de Morlaix a peu à offrir à des investisseurs: le marché du travail
est étroit, Morlaix est très éloignée des grands centres européens.
- diversifier notre économie, nos emplois.
Alors comment faire pour anticiper les chocs futurs, pour rendre les emplois et
l' économie locale plus solides ? Pourquoi ne pas aller voir du côté de ce
qui marche , mais dans l'ombre ? Par exemple la boulangerie Bara Goell
Taoz : une entreprise locale tournée vers le marché local . Pourquoi ne
pas pas prendre la mesure des besoins non satisfaits et les transformer avec
l'aide des pouvoirs publics en demande solvable ? Quelques exemples,
directement à la portée des moyens d'action de nos élus.
- les transports publics
Il y a une demande forte dans les quartiers périphériques de Morlaix et dans
les communes excentrées. Créer un emploi de chauffeur de bus, plutôt que donner
de l'argent à Total, cela a un sens.
- l'agriculture bio et paysanne en circuit court.
La demande est déjà forte ( 50 % des aliments bio sont importés ), et elle le sera de plus en plus au fur et à mesure que les informations scientifiques se répandront dans la population.Tout le problème des agriculteurs bio est de trouver des terres. Tout le problème est de reconvertir les agriculteurs conventionnels. Dans ces deux domaines, les possibilités de la Communauté de Morlaix ne sont pas nulles.
- l'écohabitat
Les besoins sont immenses, presque démesurés, puisque la plupart des habitations sont trop peu isolées et parfois malsaines. Et la tâche à entreprendre est de longue haleine : donner des conseils pointus sur les plans technique et économique ( expliquer par exemple comment propriétaires et locataires peuvent amortir leurs investissements) et sans doute "amorcer la pompe" avec des financements publics dans les immeubles sociaux. Mais les promesses d' emplois sont très importantes: de nombreux lycéens pourraient se lancer, s'ils sont convaincus qu'il y a des emplois de qualité à la clé. Car pour la plupart, le départ vers les grandes villes se traduira par de la précarité, dans l'emploi comme dans le logement. Là aussi des opérations spectaculaires et ponctuelles, comme un écoquartier de dimension européenne, peuvent susciter des vocations et des compétences.
- le secteur social et culturel
Soutien aux personnes âgées, garderies, cantines, emplois dans la
culture...Là encore il y a des emplois, parfois mal rémunérés, qui
correspondent à des besoins objectifs.
- accepter de faire un pas de côté et de se poser la question qui
dérange.
Tous ces emplois nécessitent, au moins en partie, au moins au début, des fonds
publics. Ceux-ci doivent donc être surveillés comme le lait sur le feu. Et
chaque élu doit se poser la question qui tue: combien d'emplois durables avec
cette nouvelle zone ? Combien avec cette nouvelle route ? Et combien
en aurait-on créés dans d'autres secteurs avec la même somme ? Et quels
emplois ?
Commentaires
une autre maniere de voir les choses!! :)
merci pour ce topic
c est caracterisque de tous les francais :)))