aucun choix entre différents scenarii possibles. Au moment des voeux, nous avons entendu le Président évoquer les ports (Morlaix, Plougasnou), la rocade sud-est, le pôle gare, l'IUT, l'office de tourisme, les zones d'activité, le second département d'IUT... Mais quel est le coût prévisionnel de ces différents projets en investissement et en fonctionnement, non pas pour 2009 mais pour les 5 ou 10 ans à venir ? Et avons-nous mis ces projets en balance avec d'autres qui pourraient être davantage porteurs d'avenir dans le contexte de la double crise économique et écologique à laquelle nous devons faire face, comme par exemple la constitution d'une SEM pour investir dans l'éolien, la création d'un pôle écohabitat/habitat social ou encore la constitution d'un pôle agriculture bio/circuits courts autour du lycée de Suscinio ?

En matière de finances communautaires, nous bénéficions d'une situation exceptionnelle puisque notre endettement est voisin de 0 et que notre épargne nette atteint 5,8 millions d'€, et cela avec un taux de TP qui a baissé d'un point en 2007. Cette baisse a d'ailleurs constitué une injustice flagrante et une erreur de gestion : une injustice parce que, au moment où l'on allégeait l'effort des entreprises, on alourdissait fortement la charge pesant sur les ménages (+ 30% à Morlaix entre 2002 et 209), ce qui ne se serait jamais produit si la TP et les impôts ménages avaient été gérés conjointement et dans un souci d'équité ; et une erreur de gestion parce qu'il est assez difficile de revenir sur une baisse de TP dans la mesure où la loi encadre strictement les hausses de cette taxe. Faut-il rappeler que notre taux est l'un des plus bas appliqués en France par une communauté d'agglomération ? La hausse de taux envisagée pour 2009, de 12 % à 12,50 % constitue une reconnaissance implicite de cette erreur. Elle irait dans le bon sens, mais pourquoi se limiter à 12,5 % plutôt que de fixer ce taux à 12,79 %, en utilisant la hausse maximale possible, alors que la suppression de la TP annoncée pour 2010 va vraisemblablement être compensée au prorata des produits de TP antérieurement perçus par les collectivités ?

Compte tenu de notre niveau d'épargne nette, il n'y aurait aucune dérive budgétaire si nous avions des dépenses de fonctionnement qui progressaient légèrement plus vite que nos recettes. En revanche, il y a laxisme budgétaire si nous inscrivons systématiquement en dépenses toutes les demandes qui émanent des services ou des commissions simplement parce que nous avons la possibilité budgétaire de le faire, alors même que certaines communes tirent le diable par la queue. Nous devons utiliser nos marges de manoeuvre pour mieux répondre aux besoins du territoire sur des bases d'équité fiscale, ce qui implique, d'une part de transférer davantage de ressources vers les communes via la DSC ou d'élargir nos compétences, d'autre part de nous donner les moyens d'arbitrer entre des projets concurrents dans le cadre d'une véritable programmation pluriannuelle.