En 1995, les écologistes avaient demandé qu'un projet de fusion-association soit élaboré et soumis à référendum local. Nous en avions fait une condition de notre participation à une liste commune avec le PS et le PC. Mais cette promesse de campagne, signée par les maires de Morlaix et Saint-Martin, n'avait pas été tenue.

Depuis lors, la naissance de la Communauté d'agglomération a pu laisser croire que des réponses allaient être apportées au déclin de la ville centre. Il n'en est rien. Morlaix poursuit sa chute démographique et ne peut échapper à l'asphyxie financière qu'à travers des hausses d'impôts déraisonnables, qui vont dépasser 50 % en termes réels sur la période 2002-2012 et qui ne font que renforcer la fuite des habitants.

Pour justifier son opposition à la fusion, le Maire de Saint-Martin vante la gestion de proximité. Il serait plus avisé de prendre en compte la « subsidiarité », c'est-à-dire la plus grande proximité compatible avec une gestion efficiente. Or l'effondrement de la ville centre montre qu'on est très loin de cet objectif. De plus, en tant que socialiste, M. Filly devrait être attaché au principe d'égalité, qui n'est manifestement pas respecté aujourd'hui puisque Morlaix, où se concentre la pauvreté, finance des équipements utilisés par tous.

Yvon Hervé a donc raison sur le fond. Toutefois, dans un souci de cohérence, ne pourrait-il contribuer à donner un peu d'air à la ville centre, ne serait-ce qu'en répartissant plus équitablement la manne de la taxe professionnelle ou en respectant les trop rares engagements de solidarité qui ont pu être pris à l'échelle communautaire (comme la prise en charge communautaire de la piscine de la Boissière) ?

Lucidité, vision d'avenir, sens de l'intérêt général, est-ce trop attendre des élus en situation de décider de notre avenir commun ?